la robe d'avocat : son histoire

L'origine de la robe d'avocat se confond avec celle de l'apparition de la soutane. Au Moyen-Age, les avocats étaient en général des religieux. C'étaient des hommes lettrés, connaissant la loi et la morale et ils avaient l'éloquence pour l'exprimer. Lorsque la fonction d'avocat s'est laicisée, le port de la robe est restée de coutume car la symbolique première de la différenciation par rapport au reste de la population continuait d'exister. Cependant, le chaperon qui était une capuche ornée de fourrure notamment pour les grandes occasions fut transformé et intégré à l'habit de l'avocat.

Le chaperon comportait 2 extrémités : l'une assez large enveloppant le visage et l'autre plus fine et plus longue permettant la fixation de l'ensemble. Cet ensemble a évolué dans le temps et il ne reste plus qu'un accessoire symbolique appelé désormais épitoge qui se fixe sur l'épaule gauche de la robe. La capuche a été supprimée et remplacée par un cercle; ne sont restées que 2 extrémités : l'une large portée dans le dos l'autre plus étroite, les deux étant ornées d'une fourrure.

Dans un 1er temps, la capuche a été remplacée par la toque : chapeau similaire à celui que porte encore les cardinaux (en rouge) mais qui comportait 4 barrettes alors que celui des cardinaux en comporte 3. Il convient de noter que seuls les avocats parisiens ne portent pas de fourrure sur leur épitoge. Ils sont cependant tenus lorsqu'ils plaident en province de porter une épitoge avec fourrure.

Quant à la longueur de la robe, alors qu'au XIV siècle la mode était de raccourcir les vêtements, une partie notable de la nation, le roi en tête, magistrats hommes de loi et administrateurs résistèrent à cette tendance. Il convient de noter que depuis le Moyen Age, les robes des gens de justice sont avec une traîne. C'était un signe de dignité qui symbolisait la puissance, elle se déployait lors des cérémonies de façon à ce que ceux qui suivaient dans le cortège gardent leurs distances (celui qui se rapprochait trop risquait de marcher sur la traîne et de trébucher). Les avocats ont replié la traîne vers l'intérieur pour montrer que malgré leur dignité ils n'ont pas de juridiction propre et sont des auxiliaires de justice dévoués à celle-ci.

De nos jours, la traîne est toujours présente dans les robes. Bien que cet usage soit tombé en désuétude, la coutume est de la déployer lors de cérémonie d'enterrement de confrère.

De nos jours, pour des questions de praticité, la longueur de la robe s'arrête à mi-mollet.